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umpre
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Artiste peintre, comédienne, écrivain au service des enfants : Assos : UMPRE . Messagère
Catégorie :
Blog Artiste
Date de création :
20.11.2007
Dernière mise à jour :
11.10.2008
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UNE PORTE VERS LES ETOILES

UNE PORTE VERS LES ETOILES

Posté le 16.06.2008 par umpre
Georgy ROD



Une porte Vers les étoiles



Histoire vécue










Pour mes enfants, petits enfants, amis sur terre
et tous ceux du ciel qui ont suivi mon chemin :
Un chemin jalonné de doutes, d’étonnements, de joies et de surprises.

La connaissance n’est pas chose facile à acquérir surtout quand elle vous vient d’un monde encore ignoré par beaucoup d’entre nous. Bien que ce monde reste espéré par le plus commun des mortels, il n’en reste pas moins troublant et effrayant pour ceux dont l’esprit reste hermétiquement fermé.

Nous sommes nés riches de nombreuses qualités. Durant les années de notre enfance et adolescence, celles-ci restent souvent en gestation. Et un jour sans trop savoir pourquoi, alors que l’automne de notre vie émet ses premiers frissons, ces dons inestimables éclosent comme fleurs au printemps. On appelle ça, la seconde vie. Mais n’est-ce pas en fait la reprise d’une histoire inachevée que Dieu nous a tracée ?


PREMIERE PARTIE

1

De ma petite enfance à mes premiers amours

Pourquoi de ce long fleuve tranquille qu’est notre vie, certains méandres disparaissent à travers un brouillard épais. Les miens, nombreux dans ce début de vie, ont perdu la couleur de tous mes jours heureux. Aux dires de mes tantes et oncles encore de ce monde, ma toute petite enfance fut entourée d’amour. Mais permettez-moi d’en douter.

Je naquis le 25 Mai 1941 à Blida, dans un village d'Algérie appelé « La Ville des Roses. » Pourquoi ? Chaque villa, chaque jardin, chaque boulevard était couvert de ces magnifiques fleurs qui exhalaient dans l'atmosphère un parfum très délicat. Mais les roses n'étaient pas le seul apparat de cette petite ville, il y avait aussi des géraniums, du chèvrefeuille, beaucoup de jasmins et des orangers dont la floraison embaumait fortement les zéphyrs qui parcouraient nos rues dans la moiteur des soirs.

De ma toute petite enfance, celle comprise entre ma naissance et mes cinq ans, rien ne remonte en ma mémoire. Ni cartes postales ni photos ne viennent alimenter un quelconque souvenir. Le seul qui malheureusement anime ma pensée, est ce fameux jour où mon père, déchainé tel un ouragan sur une île, manqua me faire passer de vie à trépas. Mais le temps depuis a fait son œuvre, et je veux lui dire aujourd'hui qu’il a tout mon pardon.


A l'âge de cinq ans, j'étais une petite fille espiègle, bavarde, souriante et toujours prête à faire des bêtises. Têtue et imbibée d’indépendance, je voulus très tôt diriger ma vie. C’est ainsi que je fis connaissances avec les premières « fessées d’amour » de mes parents.

J'avais une bande de petits copains, tous, habitant dans mon quartier ou pas très loin de chez moi. Notre maison ou plutôt notre appartement se situait dans la Rue P… au fond d'une impasse où se trouvait un atelier de matelassier. Monsieur Guilbert, sa femme et son fils faisaient partie des gens qui m'aimaient bien. Tous les matins, la grande porte de l’atelier ouverte, Monsieur Guilbert s'asseyait derrière sa machine à carder la laine et dans un mouvement de va et vient, passait là, des heures à effilocher de grosses bourres afin d'en remplir les matelas. Ce n'était pas sa seule occupation, il refaisait aussi les fauteuils usagés, les banquettes des voitures et bien d'autres choses encore. Je me souviens qu’il avait comme cliente la femme d’un pharmacien de la ville, une certaine Madame Campus. Tout le voisinage la considérait comme folle. Oh, je ne pense pas qu’elle l’était mais elle avait de drôles de façons d’interpeler le matelassier. Dès qu’elle sortait de sa voiture qu’elle garait à l’entrée de l’impasse, elle criait très fort : « Alors mon chéri, tu as fini mon matelas ?» Et elle accompagnait ses mots de grands gestes désordonnés qui faisaient rire tous les passants. Connaissant la femme de Monsieur Guilbert, je restais un peu médusée devant cet excès de familiarité. « Chéri », c’est un mot que j’avais l’habitude d’entendre dans d’autres circonstances mais certainement pas dans ce contexte. Aussi, après mon étonnement, je riais et m’enfuyais.
Face à l’atelier, se trouvait l'entrée de mon immeuble. Celui-ci se composait de deux étages avec une terrasse commune. Nous, nous habitions au premier. Notre appartement était très modeste. On entrait par la cuisine. Un plan de travail en briques rouges s’offrait tout de suite aux yeux des visiteurs. Dans le coin, près de la fenêtre se trouvait un évier blanc surmonté d’un placard mural. La table, poussée contre le mur, faisait face à un buffet haut, de couleur bleu ciel dans lequel ma mère rangeait tous ses ustensiles. Sous le plan de travail, j'allais oublier, se trouvaient deux grosses jarres en terre cuite dans lesquelles mon père faisait macérer des olives qu’il ramenait de son travail. Pendant une soirée entière, à l'aide d'une brique, il les cassait d’un coup sec et les jetait dans l’eau salée additionnée de fenouil. Une porte blanche vitrée ouvrait sur la salle à manger garnie d’un mobilier d’époque. Rien d’extraordinaire dans la décoration qui restait tout à fait rudimentaire. De cette pièce, on passait directement dans la chambre de mes parents. Celle-ci s’ouvrait sur un petit balcon garni de géraniums. En bas, au rez de chaussée, vivaient des voisins avec qui ma mère était fâchée. C'est dire à quel point l'atmosphère était agréable ! Il me fallait constamment faire attention à ne rien jeter dans leur cour afin d'éviter tous drames. Ils avaient une fille d'un certain âge qui n'avait jamais trouvé mari. C'était une vieille fille, comme on disait en ce temps là. Mais d'après les dires de ma mère, elle n'était pas si vieille fille que cela. Elle fricotait avec le mari de sa sœur. Bref, d'après les on dit, ils faisaient ménage à trois et cela ne semblait déranger personne, si ce n'est bien entendu, toutes les commères du quartier.
La chambre que nous occupions avec ma sœur était située entre celle de mes parents et la cuisine. Mon frère se contentait d’un petit réduit dans lequel ma mère avait placé un lit pliant.

Au -dessus de chez-nous, une dame vivait avec son fils. Lui non plus n'était pas marié bien qu'il ait été en âge de l'être, mais il semblait très attaché à sa mère, surtout depuis le décès de son père, un mécanicien qui tenait sa propre affaire. Claude, tel était son nom, était un garçon timide et très réservé. Quand je me rendais chez eux, il jouait volontiers avec moi. Sa mère, qui me prodiguait une certaine affection, me remplissait souvent les poches de bonbons. Ah je les aimais ces bonbons, j'aurais fait n'importe quoi pour en avoir toujours la bouche pleine ! Quand j'y pense, j'aurais dû peut-être mieux me pencher sur les cacahouètes, cela m'aurait certainement valu moins de châtiments.

Tout en haut de l'immeuble, sur la terrasse ouverte où le soleil brûlait intensément le carrelage couleur brique, les locataires venaient laver et sécher leur linge. Je me souviens que ma mère profitait de son jour pour me donner aussi un bain. Elle remplissait une grande lessiveuse d'eau, la chauffait sur un feu de bois puis la mélangeait à l'eau froide du lavoir. Et là, plongée comme dans une baignoire, elle me frottait vigoureusement avec un gant enduit de savon de Marseille. Je n'aimais pas du tout ce parfum, mais en ce temps là tout autre savon parfumé aurait demandé une dépense inutile. Il paraît aussi, que toutes les femmes de l’immeuble, lors de la guerre 40, avaient lavé le linge des américains pour se faire quelques sous. Moi, je n'ai aucun souvenir de ces soldats, si ce n'est les délicieux chewing-gums rose qui se présentaient en barre et que nous devions casser morceau par morceau pour en remplir nos bouches. Nous faisions d'énormes efforts pour les ramollir, mais Dieu que c'était bon ! Quel bonheur ! Et ces bulles, ces bulles que nous faisions éclater et qui nous tapissaient le visage en nous donnant de gros fous-rire ! Oui ! De cela j'ai bien souvenir. Il y avait aussi, ces petits biscuits qu'ils offraient à nos parents, des biscuits qui faisaient partie de leur paquetage. Ils avaient un goût délicieux. Je les faisais fondre doucement dans ma bouche pour en garder la saveur très longtemps.

Mais ces souvenirs qui auraient dû garder leur histoire n'ont pas survécu longtemps dans ma mémoire. Si vous en retrouvez ici quelques vapeurs, c'est grâce à mes petits esprits qui sont venus me les rappeler. Je les remercie d'avoir soulevé le voile au dessus de ces recoins cachés. Je n'aurais pas aimé commencer ce livre par des événements douloureux.

(à suivre)











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