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Artiste peintre, comédienne, écrivain au service des enfants : Assos : UMPRE . Messagère
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20.11.2007
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UNE PORTE VERS LES ETOILES 12 Chapitre

UNE PORTE VERS LES ETOILES 12 Chapitre

Posté le 26.06.2008 par umpre
12


Cet été, celui de mes quinze ans, fut en comparaison des précédents, magnifique. La maman de Jocelyne qui avait loué une maison à la mer, m'invita à passer quelques jours en compagnie de sa fille et d’une grand-mère gâteau qui nous garda toutes les deux. Tous les jours, pendant que Mamie Josette s’affairait au repas, nous rejoignions la plage toute proche et passions des heures à nous baigner et nous bronzer sous un soleil qui souvent atteignait les 40 °. Quelle insouciance en ce temps là, pas de crème protectrice ni chapeau, notre seul souci : être bronzée au maximum pour faire ressortir nos jolis décolletés et nos chevelure décolorée par le sel marin. Je me souviens que vers midi, alors qu’il nous fallait regagner la maison, le sable était si brûlant que nous jetions nos serviettes par terre et par petits bonds avancions pour retrouver le boulevard qui longeait la plage. Quel souvenir ce boulevard ! Le soir, lorsque la fraicheur envahissait l’atmosphère et que tous les lampadaires s’éclairaient, une foule de vacanciers venait s’y promener. C’était le rendez-vous de toutes les petites bandes bien sympathiques de la plage. Rien à voir avec celles qui déambulent de nos jours et qui sont sujettes à crainte ou insécurité ! Non, c’étaient des jeunes, souvent des couples d’adolescents qui marchaient main dans la main ou en se tenant par la taille et qui racontaient très fort leurs petites anecdotes de la journée : leur pêche manquée, le dernier concours de volley ou quelquefois l’approche d’une conquête difficile ! Et puis ces fou-rire qui résonnaient au milieu des musiques de bar, celles qui lorsqu’elles cessaient, laisser entendre le chuchotement des vagues venant mourir sur le sable tacheté par les lumières multicolores des nombreuses voûtes habitées.

Jocelyne n'avait pas encore de petit ami et semblait ne pas en éprouver le besoin. Elle n’était pas comme moi en quête d’affection. Ses parents étaient adorables, sa mère la gâtait beaucoup et sa grand-mère qui partageait leur vie, couvrait mon amie de petits mots gentils, agréables à entendre. Elle était heureuse.
Je n'ai jamais éprouvé une quelconque jalousie pour aucune de mes amies. Ce qui me faisait le plus de mal, c'est la comparaison qui indubitablement se présentait à moi quand j'allais chez elle. Leurs mères étaient comme celle que j'aurais voulu avoir, discrètes, polies, avenantes, caressantes, toujours à l’écoute de leur fille. Je sortais de leur maison toujours songeuse. Pourquoi n'étais-je pas tombée dans une famille comme cela ? Est-ce moi, en me réincarnant à nouveau, qui l'avais décidé ? Si j'écoute ce qui se dit dans ma pensée, la réponse est affirmative. Nous choisissons nos épreuves afin d’évoluer.

Toujours est-il que l’été de cette année là fut merveilleux. J'appréciais tous les instants de bonheur qui m'étaient offerts. Quelquefois, mon ami venait nous rejoindre sur la plage, il passait un moment avec nous puis repartait. J'étais fière de cet amour qui semblait éternel.

Chaque matin, avec Jocelyne, nous nagions vers le large jusqu'aux rochers dans lesquels logeaient des oursins. Je me souviens avoir posé le pied sur l’un d’entre eux et avoir été incrustée d’épines. Sur le moment je ressentis une vive douleur, puis rejoignant le bord, le mal sembla s’estomper. Le soir alors que je pensais avoir enlevé toutes les épines à l’aide d’une pince à épiler, une fièvre commença à engourdir mon corps. Très vite les 40 degrés furent atteints. Mamie Josette fit alors frire rapidement une poêlée d’oignons qu’elle appliqua encore tiède sur la plante des pieds. Puis elle enferma le tout dans un linge propre. Toute la nuit, les oignons firent leur effet. Le lendemain matin, quand on ouvrit le linge, les épines avaient transpercées ma peau. On eut juste le petit travail de les retirer une à une. Plus de fièvre et plus de bobo.
Mais comme toutes bonnes choses, la fin de l’été arriva. La plage petit à petit devint déserte, les voûtes fermèrent leurs portes. Seuls les pêcheurs habitant le coin continuaient à traîner sur le sable leurs pastéras afin de les remettre à l’eau pour aller encore une fois taquiner le poisson avant l’automne.


Puis Octobre arriva. En ce temps là, nous avions trois mois de vacances, surtout en Algérie où la chaleur subsistait longtemps. A la fin de l'année scolaire, mes parents avaient enfin consenti à m'inscrire à Boufarik, dans un autre lycée. Boufarik était un village à trente kilomètres de Blida. Pour m'y rendre, je devais prendre tous les matins un train à la gare qui se trouvait à un kilomètre de chez moi. Je me levais donc à cinq heures du matin, me préparais, avalais très vite mon bol de lait, mes tartines beurrées recouvertes de confiture et descendais le long boulevard faiblement éclairé. Je n'avais aucune crainte car en ce temps-là, l'Algérie était un pays paisible dans lequel il faisait bon vivre. Je n'étais d'ailleurs pas la seule sur ce boulevard, il y avait bon nombre de voyageurs qui tout comme moi allaient travailler ailleurs. Le train était comme tous ces vieux trains que l'on voit encore dans certains sites touristiques de la France, des wagons cahotants, garnis de bancs inconfortables sur lesquels hommes ou femmes continuaient leur sommeil. Tous les matins, j'assistais par la fenêtre encore embuée, au lever du soleil sur la campagne. Des odeurs de terre mouillée me parvenaient jusqu'aux narines. A travers les arbres qui défilaient, j'entrevoyais les cours des nombreuses petites maisons de pierre que les hommes avaient construites hâtivement. Elles étaient souvent remplies de meubles ou ferraille usés. Par la répétition de ces nombreux déplacements, j'avais aussi appris à reconnaître certains quartiers des villages que nous traversions et même à reconnaître des visages qui se trouvaient toujours au même endroit, à la même heure. Le train se traînait lentement et avec ses nombreux arrêts, il me fallait compter une heure pour me rendre au lycée. Bien entendu, ici, je ne connaissais personne. Les premiers jours furent un peu difficiles mais mon approche des autres étant toujours aisée, je ne tardai pas à faire nombreuses connaissances.

Le lycée n'avait rien à voir avec celui de Blida. Ici, pas d'étages, toutes les classes se trouvaient en rez de chaussée au milieu de jardins. C'étaient pour la plupart des classes en préfabriquées mais non délabrées comme certaines écoles. Le seul inconvénient de ces classes, était la grosse chaleur qui y régnait quand l'été arrivait. C'était suffocant.
Je n'ai pas trop de souvenirs marquants de cette période, à part la beauté de notre jeune professeur d'espagnol dont toutes les filles étaient tombées amoureuses. Nous en parlions beaucoup en récréation mais lui, ne semblait pas du tout se rendre compte de l'émoi provoqué. En tout cas, nous travaillions toutes bien, pour lui faire plaisir.

Les allers et retours contribuèrent à me faire passer l’année à grande allure. Pendant les vacances, je retrouvais mes amis, et nous échangions toutes nos anecdotes. J’appris ainsi que le professeur de Français se préparait à retourner en France. Puisqu'elle partait, je pouvais réintégrer mon lycée et c'est ce que je fis, l'année de ma première.




















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