Bonjour mes amis. Avant de vous passer mon 18 ème chapitre, je tiens à vous dire un grand merci pour votre assiduité. C'est fait ! Nous avons passé la barre des 4000. Que de joie pour moi !
Hier nous avons joué notre pièce "La chaumière des divorcés" comme vous savez ce blog ne peut recevoir de photos, mais si vous tenez à prendre connaissance de notre spectacle, rendez vous sur http://djydjy.vip-blog.com rubrique spectacle.
Je ne vous fais plus patienter, voici la suite de ma vie. Bonne lecture à tous.
18
Une destinée peu ordinaire
La fin de l'année scolaire approchait maintenant à grands pas. J'avais formulé des voeux de mutation car les trajets s'avéraient fatigants et onéreux. Je voulais me rapprocher de Blida et pourquoi ne pas obtenir un poste dans la ville !
Tous les quinze jours, mon ami d'Orléansville venait me rendre visite. Nous passions le dimanche ensemble puis il repartait. Ce jour-là, jour d'école, je le trouvai devant la grille à la sortie de midi. Il semblait très embarrassé. Après m'être étonnée de sa présence, il me demanda si on ne pouvait pas aller quelque part pour parler. Si tu veux lui dis-je, je ferme ma classe et j'arrive.
Je montai dans sa voiture et nous sortîmes du quartier. Après avoir fait quelques kilomètres, il stoppa la voiture sur le bord de la chaussée. Je notai bien son air sérieux mais, ne pouvant imaginer à l'avance ce qui allait suivre, selon mon habitude, je commençai à lui raconter mon week-end avec Fathia. Il semblait ne porter aucun intérêt à mes babillages. Il avait en lui une sorte d'impatience difficile à cacher. J'arrêtai donc mon récit et le regardai dans les yeux. « Alors, qu'as-tu à me dire de si important ? »
« Ce n'est pas simple me dit-il, je vais te faire de la peine et je ne le voudrais pas. C'est une situation que tu as déjà vécue. » Mon front se plissa et mes yeux se rétrécirent. Laisse-moi t’expliquer me dit-il. Et il commença hésitant son récit : « Tu sais, cette fille avec laquelle j'étais quand nous nous sommes rencontrés ! Oui, dis-je sans me douter une seconde de la suite, « je n'ai pas pu m'en défaire. Elle m'aime beaucoup, et de rajouter, certainement autant que toi, mais... nous...il hachait ses mots, ne sachant comment sortir la chose, puis, comme pour se justifier, il continua : « nous, on ne se voit guère que le week-end, tu comprends… et elle… elle vient m'attendre tous les jours à la pharmacie. Oui, je comprends, dis-je. Et alors ? Je sentais une certaine angoisse monter en moi mais m’abstenais de lui montrer. Voilà, continue-t-il … et sans plus hésiter, dans une expiration, il lâcha le morceau : « je dois me marier, elle attend un enfant. » Est-ce la cocasserie de la situation ou mes nerfs qui lâchèrent, je fus prise soudain d'un fou-rire interminable, je riais, riais, riais sans pouvoir m’arrêter. Eberlué, et surpris de ma réaction, il me regarda et me dit presque vexé : « Je ne pensais pas que tu allais le prendre aussi bien? »
Et comment veux-tu que je le prenne ? Lui rétorquai-je, les yeux pleins de larmes du rire qui m’envahissait. Tu ne trouves pas la situation comique ? Deux fois que cela m'arrive, je commence à en prendre l'habitude !
Mon fou-rire se calmant petit à petit, je le regardai et lui lançai : « Tu ne veux pas que je sois ton témoin ? »
Cela ne te fait donc rien ? Me demanda-t-il. Mais c’est qu’il aurait presque regretté de ne pas me voir me jeter à ses pieds pour le supplier ! Le goujat.
Rien ! Lui dis-je, fièrement. Tu as raison, loin des yeux, loin du cœur. Marie-toi et sois heureux. Tu ne dois pas être sur mon chemin de vie. Je crois que ma réponse le déçut. Il s'attendait certainement à de grandes lamentations. Et bien non, cette fois, je tirai le rideau, un autre acte commençait.
Soulagé de s’en être tiré à si bon compte, Il m'invita alors à déjeuner, l’air presque jovial. Mais je déclinai l'invitation. On fêtera ça un peu plus tard ! Lui dis-je en ironisant. Et sans plus attendre une quelconque parole, je lui demandai de me raccompagner à l'école, j'avais des cahiers à corriger qui m’attendaient. Il ne se le fit pas répéter deux fois. Nous reprîmes le chemin en sens inverse et après de rapides adieux, je vis sa voiture s’éloigner. Dernière image d’une histoire terminée.
Je repensai alors à notre conversation, mais sans tristesse, je devais certainement moi aussi m'être détachée de lui sans m’en rendre compte. Mais tout de même, il faut le faire ! Deux fois de suite… à quand la troisième ?
Ce jour-là un certain fatalisme prit naissance en moi. Je commençai à croire à la destinée et à ce que l'on disait chez mes amis algériens: « Mektoub (c’est écrit) ». Une croyance en Dieu, bien plus forte vint alors m'habiter. Est-ce Lui qui élaguait les mauvaises branches de mon chemin ? J’ai repris le cours ma vie, pleine d’énergie et d’espérance
petite visite.